Le terme diakonia en effet, est traduit par « service », « secours », « assistance » « dévouement », mais aussi « ministère » ou « charge ». Son sens est donc plus large que ce qu’on a appelé dans l’histoire « diaconie de l’Eglise ». Voyons, dans le détail, ses principaux emplois dans le Nouveau Testament. Ils sont au nombre de cinq.

On l’utilise tout d’abord pour désigner la mission du Christ en insistant sur la forme qu’elle prend, qui permet de comprendre sa visée. Ainsi, dans l’évangile de Marc : « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir – diakonèsai – et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45, voir aussi Mat 20,28).

Le verbe diakonèsai redit en un mot ce que le Christ est venu faire et permet l’explicitation de sa finalité : « donner sa vie en rançon pour la multitude ». On peut donc, dès lors comprendre que diakonia soit un des principaux termes utilisés pour désigner la mission des disciples. Paul se nomme parfois diakonos du Christ : « Qu’est-ce donc qu’Apollos, qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs – diakonoi – par qui vous avez été amenés à la foi » (1 Co 3,5 ; voir aussi par exemple 2 Cor 3,6, et 6,4). Il emploie le même terme pour parler de sa mission : « Je vous le dis donc, à vous les païens, dans la mesure où je suis, moi, l’apôtre des païens, j’honore mon ministère – diakonian – dans l’espoir d’exciter la jalousie de ceux de mon sang ». Les Actes mobilisent pareillement ce vocabulaire (1,25 ; 20,24 ; 21,19).

Dans le Nouveau Testament, le terme de diakonia ne désigne donc pas uniquement les engagements caritatifs ou les gestes de solidarité. C’est toute la dimension relationnelle de la condition chrétienne et c’est toute la vie ecclésiale, ad intra et ad extra qui est appelée à devenir diaconie, liens remodelés par l’amour de Dieu. Nous n’en aurons donc jamais fini avec la diaconie, car elle vise l’évangélisation de tout le champ des rapports humains. De même, il est impossible de circonscrire la diaconie à un domaine particulier de l’Eglise : personne ne peut dire « la diaconie, c’est nous », et personne ne peut non plus s’en sentir exonéré.

Parler d’Eglise diaconale, c’est redire qu’elle est invitée, dans le jeu de toutes les relations qui la constituent, à se laisser évangéliser. C’est également souligner qu’elle porte l’Evangile non pas comme un objet qui lui demeure étranger, mais dans sa chair, dans sa consistance sociale. Elle parle de la Bonne Nouvelle par les ambiances qu’elle sécrète, lorsqu’elles en disent la simplicité et la joie, par ses manières de s’organiser, de prendre des décisions, de solliciter et d’accompagner ses acteurs, de se laisser toucher par ce qui se passe dans le monde où elle est, et de répondre aux appels qu’elle perçoit ainsi.

Au sein de la 3e CBCA, le Département de la diaconie et développement, actuellement dirigée par Mme Christine Musongya, se rassure chaque jour que la CBCA devienne une « Eglise diaconale ». A travers des plusieurs actions diaconales, ce Département œuvre en même temps dans la résilience et les urgences, les initiatives de réduction de la pauvreté, le partenariat d’où la mise en œuvre des divers projets… Bref, le Département de la diaconie et développement travaille sur le progrès socio-économique des membres de la Communauté et le développement institutionnel de celle-ci.

La mission du DDD est de garantir une vie socio-économique saine aux populations de tout le champ d’action de la CBCA et particulièrement à ses membres. Pour y parvenir, la DDD procède en structurant la base, en renforçant les capacités du personnel, en faisant du lobbying, en organisant et en sensibilisant, en mettant en place des projets relais à la base, en soutenant les personnes en difficulté. En s’inspirant de Matthieu 14,14-21, 20,34 et Actes 6; 2, le DDD s’efforce de promouvoir les conditions socio-économiques de la société et de l’Église.

Pour arriver, la Directrice du DDD, Mme Christine Musongya, entreprend des échanges non seulement avec la base, mais également avec des responsables des divers centres qui fonctionnent sous son égide. En novembre dernier, soit du 25 au 26, elle avait réuni à Goma, les responsables des centres Uhai Kikyo de Butembo, CAPA de Bukavu, CPR d’Idjwi, CEDERU de Kibututu, CEDIAR de Katwa, afin de relever les défis que confrontent chacun de ces centres dans son entité.

Il sied de noter ici que, la CBCA investit dans la promotion des soins personnels par l’intermédiaire de ses différents centres. Ces grands centres de professionnalisation se situe actuellement au Nord et Sud-Kivu. Un autre est également en gestation dans la capitale congolaise.

Au-delà de ces genres de rencontres organisées au sein du DDD, des descentes également au niveau des projets déjà implantés s’effectue de temps en temps afin d’évaluer convenablement l’exécution sur terrain.

Une prochaine rencontre d’évaluation est projetée à ce mois de Février 2022.

Pour en savoir plus sur la « diaconie », lire : Pourquoi parler de « diaconie ? » d’Étienne Grieu dans Études 2011/3 (Tome 414), pages 353 à 363.

La Rédaction