2002-2021 : 19 ANS APRES, NYIRAGONGO SE DEVERSE ENCORE

Dans la soirée du 22 au 23 mai 2021, la ville de Goma est tombée sous totale panique liée à l’éruption volcanique au côté nord de la ville. C’est aux environs de 17h que les habitants du groupement de Kibati étaient surpris par une coulée de la lave du Volcan Nyiragongo du côté du Parc National des Virunga, allant vers la frontière congolo-rwandaise.

Passage de la lave à BUHENE, au Nord de Goma

Une pluie cendrière, suivi d’un bruit énorme et un tremblement de terre… ainsi a commencé cette éruption volcanique dans le groupement de Kibati. Ce fut déjà avec une première coulée de la lave se dirigeant vers le frontière, en passant par le village Kanyanja jusqu’au village Buganda et Bughiro ; emportant ainsi des champs, des maisons et plusieurs biens de valeurs.

Trois faits sont importants à remarquer ici. Tout d’abord, plusieurs centaines de familles qui ont perdu les maisons et ont vu leurs cultures partir en fumée pourtant prêtes à la récolte. Ensuite, une concession de la CBCA à Kibati d’une dimension importante traversée par la lave ; emportant avec elle le temple et un grand champ entretenu par les fidèles de la paroisse du lieu. Enfin, plus de 70 fidèles de cette congrégation de la CBCA Kibati qui ont subi d’importantes pertes en biens de valeur en plus de quelques cas de disparition des personnes (enfants et vielles) pendant la fuite de la coulée des laves. Cependant, les familles continuent à s’investir dans la recherche de leurs quoi qu’en vain, cela tout en passant nuit à la belle étoile.

Toujours en groupement de Kibati où la coulée de la lave a coupé la route Goma-Rutshuru, quelques fissures volcaniques ont laissé place à une coulée des laves vers le quartier nord de la ville de Goma, Buhene ; en Territoire de Nyiragongo. Mr Vascos, Président de la société civile là-bas, nous a renseigné sur la succession exacte des faits tels qu’observés par les habitants du village où la CBCA a un nombre très considérable des fidèles mais qui ont décidé de quitter le village et se réfugier en ville de Goma pour certains et d’autres vers la cité de Sake se trouvant à environs 25 km de la ville de Goma en allant vers Minova.

D’après plusieurs témoignages des habitants et les propos du Président de la nouvelle société civile de Nyiragongo Vascos Nicodème Sinzabakira Kaumo, l’écoulement de la lave a débuté à partir du Village Kishege groupement kibati, et est ensuite descendu au village de Kanyanja jusqu’aux villagex Buganda et Bughiro. Entre Mutaho et Mugerwa cette coulée de lave s’est déversée violemment dans une grande partie des champs, allant jusqu’à Kayanja. Un peu plus tard, une autre coulée s’est déversée aux environs de la colline Mujoga dans le village Mujoga, groupement Kibati et s’est arrêtée dans la vallée ne laissant que quelques habitations aussi endommagées. Sur le même endroit où elle s’est arrêtée, une explosion s’est aussitôt produite à partir d’une fissure où jusque maintenant s’observe des flammèches. C’est cette dernière coulée qui a traversé directement les villages Mugerwa, Kaguri, Bushara, Kasenyi, jusqu’à Ngangi 1 et 2 et à Kabaya.

Au lendemain de l’éruption volcanique, le constat était déplorable le dimanche matin dans la bourgade de Buhene au nord de Goma, située à la limite entre Goma et Nyiragongo. Elle semble jusque-là, être la plus à avoir été touchée par les affres de cette éruption volcanique du dimanche dernier vu le nombre largement élevé de ses habitants. Les débris sont visibles.  Les rescapés observent impuissamment les collines de pierre érigés soit dans leurs champs, soit sur leurs habitats qui sont désormais impossible de reconnaitre.

D’aucuns se plaignent de cette catastrophe qui, en dépit de l’existence d’un observatoire volcanologique à Goma, aucune alerte n’avait pourtant pas été lancée à la population. Et en même temps, quoique conscients de cette faille dans son fonctionnement, les professionnels de l’OVG disent avoir produit un rapport allant dans ce sens quelques semaines avant et que ce dit rapport n’aurait pas eu d’attention particulière de la part des autorités concernées.

Reconnaissant les faits, d’après le Directeur scientifique de l’OVG, pendant 7 mois, soit depuis octobre 2020 jusqu’à Avril 2021, le volcan Nyiragongo n’a pas été surveillé. L’observatoire volcanologique de Goma n’avait plus d’appui du gouvernement central ni des bailleurs extérieurs. D’où la surprise de l’éruption dernière, en dépit du fait que l’OVG avait déjà réussi à prélever quelques données grâce à l’appui d’un partenaire américain, dixit le Directeur scientifique de l’OVG Kasereka Mahinda.

Plusieurs dégâts ont déjà et enregistrés de suite de cette éruption volcanique dont la lave n’a rien épargné à son passage :

Habitants fouillant l’éruption volcanique, sous la belle étoile
  • Le déplacement massif dans la même nuit du samedi 22 Mai sur le tronçon Goma-Sake, où par malheur eut lieu un accident d’un véhicule causant plusieurs morts et blessés,
  • Le pillage par des inciviques, dans la même nuit du samedi, des plusieurs maisons et boutiques,
  • La traversée d’environ 5000 personnes venant de Goma allant se réfugier au Rwanda samedi soir, d’après Rwanda Broadcasting Agency et les autorités rwandaises d’immigration à la frontière entre le Rwanda et la RDC,
  • Le retour en RDC, déjà le dimanche matin, de plusieurs populations qui avaient trouvé refuge au Rwanda la soirée du samedi fuyant l’éruption volcanique, mais dont pour la plupart habitants du nord de la ville de Goma, les domiciles respectifs avaient déjà été entièrement consumés par la lave,
  • La destruction de plus de 75% des champs des populations, calcinés par la lave, transformés en terrains pierreux alors que nombreux attendaient la récolte sous peu,
  • Au-delà de la lave, les champs non atteints par la lave, avaient été, pour certains endommagés par l’effet de la densité du feu brulant ; et pour d’autres abattus par une forte pluie diluvienne qui n’avait rien laissé intact à son passage,
  • La dévastation même des plusieurs élevages des populations
  • Jusqu’au dimanche à midi, constat fait, quelques pertes en vies humaines enregistrées, un enfant et trois femmes dont les dépouilles ont été cheminé à la morgue de l’Hôpital provincial,
  • Des centaines d’habitations et écoles consumées par la lave dans le Territoire de Nyiragongo (périphérie de Goma) ; quelques autres institutions endommagées par la densité du feu, entre autres l’Institut Kibati endommagé,
  • Le déplacement de masse dont les enfants en âge de scolarité, avec conséquences et risques d’une probable perturbation du calendrier scolaire,
  • Une estimation faite d’au moins 800 à 1000 maisons complètement consumés par la lave,
  • Plusieurs fidèles des paroisses CBCA Goma-Nord, Buhene, Ngangi 1 et 2, Turunga, selon les responsables de ces chapelles et paroisses, sinistrés de suite des maisons consumées,
  • Coupure de la route nationale N1 (Goma-Rutshuru) suite à la traversée de la lave coulante vers les villages de Kayanja, Buganda et bugiro, D’où la difficulté de ravitailler la ville de Goma vivres,
  • Plus de 70 habitations construites par la CBCA, complétement ravagées dans lesdits villages,
  • Après la coulée de la lave au lendemain de l’éruption, trop de tremblements à Goma, un risque très élevé pour les habitants de rester dans des maisons en étages et en matériaux durables ; d’où nombreux évacuent leurs habitats,
  • Plusieurs familles réfugiées, soit pour raison des domiciles ravagés par la lave, soit de suite des habitats construits en matériaux, en étage surtout. Ainsi, beaucoup d’habitants des quartiers du nord de la ville préfèrent rester dans des familles d’accueil notamment à Katindo, Ndosho, Kyeshero, des quartiers situés à l’ouest de Goma. Ce qui suscite automatiquement la difficulté pour les familles de prendre en charge les sinistrés en grand nombre,
  • Une faible applicabilité du plan de contingence par les autorités étatiques, d’où la population livrée à la débandade…

Puisque le volcan est de gré ou de force le voisin permanent des gomatraciens, il est imprtant pour chaque habitant de Goma ou de Nyiragongo, soit suffisamment au sujet des mesures à adopter pour savoir vivre avec le volcan (mettre lien de la chaine youtube cbca où mbukuli parle de « vivons avec le volcan ») et bien d’autres mesures à prendre dans la période après éruption, des instructions de santé publique et d’hygiène, des mesures de sécurité, …

La Rédaction

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