Les femmes chrétiennes, politiciennes et militaires à la recherche de la paix.

Le service du genre de la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création (JPSC/CBCA) a réuni à Goma 55 femmes au Centre Rudolf le 26 mars 2016, autour du thème ‘’ l’autonomisation de la femme dans la recherche de la paix’’. C’était à l’occasion du mois de la femme. Les participantes sont les femmes leaders de la CBCA, de la société civile ainsi que les femmes militaires de la garnison de Goma. Il était question de réfléchir davantage sur les pistes de solutions pour la consolidation de la paix et le rôle de l’Eglise.

Après la méditation biblique et la prière d’ouverture dite par Mme Masika Kanyali, Me Kambale Sondirya Christian, Directeur de Cabinet du Président et Représentant Légal de la CBCA, a fait
Direcabcomprendre à ses interlocutrices qu’elles sont capables de faire mieux là où les hommes ont échoué. Les femmes ont le pouvoir qu’elles ignorent, disait-il. Il a illustré son propos en soulignant les exploits de Déborah et Ruth, deux personnages bibliques qui ont laissé des traces sur leurs parcours. La motivation de cette rencontre était que l’Eglise joigne ses efforts à ceux menés par les pouvoirs publics pour la restauration de la paix et la promotion de la dignité de la femme, et répondre à la nécessité de renforcer les relations de cohabitation civilo-militaire.

La paix n’a pas de prix
Au cours de ces assises, les participantes ont échangé avec Madame Asynath VAKALAMA, conseillère de la Ministre Provinciale du genre et famille, sur les défis et les opportunités dans la construction d’une paix durable dans les milieux environnants. Dans son intervention, Madame la conseillère a partagé son expérience en matièrConseilleree politique. Inspirée par feu Enock Muvingi Nyamwisi, elle avait exprimé le vœu d’être formée à l’académie militaire à l’âge de 17 ans. Après la mort de Nyamwisi et Laurent Désiré Kabila, Asynath fait la politique timidement. Elle a souligné que les femmes échouent à cause de la peur pour certaines et l’analphabétisme pour d’autres. Madame la conseillère s’est souvenu de la participation de la femme au sein d’un parti politique. Sur 100 femmes membres de ce parti, il y avait 1 licenciée, 3 graduées, 10 Diplômées d’Etat et d’autres ne savaient même pas écrire leurs noms. Donc, pour réussir, la femme doit étudier et renoncer à la peur, la paix n’ayant pas de prix, insiste-t-elle.

La vision et l’action de la CBCA pour la contribution de la paix
Mme Kavira Nganza, Directrice du Département Femme et Famille de la CBCA, a partagé la vision et l’action de la CBCA concernant la contribution de la paix. Concrètement, à part la consécration, la CBCA Kavira Nganzafait participer la femme dans la gestion de l’Eglise à tous les niveaux. Elle donne des bourses d’études sans discrimination des sexes. Ce qui permet aux femmes d’accéder à l’emploi, à certains postes de direction et à la gestion des ressources. La CBCA initie des programmes d’accompagnement des femmes victimes des violences sexuelles et violences basées sur le genre. C’est une façon de donner la paix individuelle. Toujours pour contribuer à la paix et pour aider les femmes à ne plus dépendre totalement de leurs maris, la CBCA initie des activités génératrices des revenus où les femmes sont organisées en petites associations leur permettant de mettre ensemble leurs efforts afin de s’entraider mutuellement à travers des caisses d’épargne et de crédit.

La paix n’est pas l’absence de la guerre
Pour sa part, Me Nzanzu Tumaini Marthe a insisté sur la capacitation de la femme qui doit être actrice Tumainide paix dans le contexte de conflit et d’insécurité. Se basant sur Esther 3:8-14 et 4 :10-17, l’oratrice a démontré comment la paix n’est pas l’absence de la guerre ni le contraire de la guerre, non plus l’absence de la violence. Elle a cité Joël Kovel qui définit, la paix comme un état d’existence ou un monde dans lequel les besoins fondamentaux des êtres humains sont satisfaits. Me Tumaini a martelé que les femmes et les filles sont les premières victimes des hostilités perpétrées par les forces négatives. Les violences sexuelles sont les causes directes de la pauvreté. Il a été constaté que dans ce monde il y a toujours eu l’inégalité liée aux sexes et à la gestion financière. Pour faire face à cette situation, toute actrice de paix doit être capable de produire un document de stratégie de plaidoyer. Me Tumaini a conclu en ces termes : ‘’En tant qu’actrices de paix, nous devons briser le silence et la peur et travailler en association. A part la prière, il faut agir et cela avec stratégie’’.

L’expérience de la jeune fille dans les clubs de paix de la CBCA
NollaMademoiselle Noëlla Kyamutsongeri témoigne que la jeune fille membre du club de paix en ville de Goma milite pour la paix. Elle sait distinguer les rumeurs de la vraie information; elle a dépassé l’étape des préjugés. Grâce aux clubs de paix, la jeune fille a découvert ses talents, elle est devenue responsable de ses propres actes. Elle influence son entourage positivement. Elle aime tout le monde sans discrimination. Elle assure la promotion de la paix auprès des jeunes qui ne sont pas de son église. Les clubs de paix sont implantés dans certaines paroisses et écoles de la CBCA. Chaque club de paix compte 30 jeunes, filles et garçons.
Ces jeunes font le counselling auprès d’autres jeunes et organisent des activités de réconciliation de leurs camarades. Se confient aux médias, Mlle Odette, membre du club de paix de Katoyi, affirme avoir mené une enquête sur les causes de ruptures de certaines fiançailles des jeunes garçons et filles. Après la découverte des causes (immoralité et problème de groupe sanguin), Mlle Odette a eu le courage de contacter un Pasteur et le médecin Directeur de l’hôpital de Virunga. Ensemble ils ont trouvé la solution qui consiste pour les jeunes à respecter les principes de continence et connaître leurs groupes sanguins avant le mariage. C’est ainsi qu’aujourd’hui il n’ya plus de cas décevants parmi les jeunes de la CBCA Katoyi.

La paix, un moteur du Développement
Mme VeroniqueLa dernière intervenante, Mme Kahindo Kavuo Véronique, a focalisé son exposé sur les pesanteurs culturelles et la façon de rendre effective l’autonomisation de la femme pour qu’elle contribue effectivement à la construction de la paix. Utilisant la projection, l’oratrice est partie de la vie de Deborah, décrite dans le quatrième chapitre de livre de Juges comme une actrice faisant le plaidoyer pour répondre aux besoins de son entourage. Elle a appelé les participantes à imiter la vie de DEBORAH qui à son époque a su faire le plaidoyer. La paix c’est le moteur du Développement, renchérit-elle. Mme Véronique a conclu en proposant aux organisateurs de la rencontre d’aller de l’avant pour que cet atelier ne soit pas considéré comme une lettre morte, mais plutôt le début d’un réseau d’artisans de la paix.

impressionImpressionnée par l’atelier, Mme ANNIE PENGELE, Vice-Présidente de la société civile en ville de Goma, a remercié les organisateurs de cet atelier. Elle a donné son appréciation en ces termes :’’ C’était encore une occasion de découvrir ce que la CBCA font. Il serait bon de trouver l’accompagnement du gouvernement car ce que la CBCA est en train de faire s’inscrit dans les cinq chantiers du Chef de l’Etat’’.

Par Noëlla Kyamutsongeri

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