Fin officielle de la dixième flambée d’Ebola en République Démocratique du Congo

Maintenir la vigilance face aux résurgences et continuer de soutenir les survivants, c’est la lutte qui reste

Le ministre de la Santé, Dr Eteni Longondo, a annoncé jeudi 25 juin 2020, la fin de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri et au Nord-Kivu, renseigne Cas-info.ca

Selon Eteni Longondo, aucun nouveau cas n’a été confirmé pour le 57ème jour consécutif, c’est pourquoi cette 10e épidémie qui avait connu une résurgence à Beni le 10 avril 2020 dernier est déclarée finie.

L’OMS félicite toutes les personnes qui ont participé au travail pénible et souvent dangereux nécessaire pour venir à bout de la flambée. L’Organisation rappelle néanmoins qu’il faut rester vigilant. Dans les mois à venir, il sera essentiel de continuer à soutenir les survivants et de maintenir des systèmes solides de surveillance et de riposte pour endiguer les éventuelles résurgences.

Nous saluons aujourd’hui la fin de la dixième flambée de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Il n’aurait pas été possible de surmonter cet épisode long, complexe et difficile sans le leadership et l’engagement du Gouvernement de la RDC, qui a pu compter sur le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’une multitude de partenaires et de bailleurs de fonds et, plus encore, sur les efforts déployés par les communautés touchées par le virus.

« Cette flambée nous a tous mis à rude épreuve, en particulier la population de la RDC, mais nous en sommes sortis armés d’enseignements et d’outils précieux. Le monde est désormais mieux équipé pour riposter à Ebola. Un vaccin a été homologué et des traitements efficaces identifiés », a indiqué le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« L’heure est aux réjouissances, mais nous devons résister à la tentation de l’autosatisfaction. Les virus ne prennent pas de pause. Au final, la meilleure défense contre toute flambée consiste à investir dans un système de santé plus solide qui serve de fondement à la couverture sanitaire universelle. »

Cette flambée, qui s’est déclarée le 1er août 2018 dans le Nord Kivu, a été la deuxième au monde par son importance et a présenté des difficultés particulières du fait qu’elle est apparue dans une zone de conflit actif. On a dénombré 3 470 cas, 2 287 décès et 1 171 survivants.

Au cours des 22 mois qu’elle a duré, la riposte – dirigée par le Gouvernement de la RDC et le Ministère de la santé avec le soutien de l’OMS et des partenaires – a supposé la formation de milliers d’agents de santé, l’enregistrement de 250 000 contacts, la réalisation de tests pour 220 000 échantillons, la mise à disposition des patients d’un accès équitable à des traitements de pointe, la vaccination de plus de 305 000 personnes avec le vaccin rVSV-ZEBOV-GP qui a fait preuve d’une grande efficacité, ou encore l’offre de soins pour tous les survivants après leur guérison.

Cette riposte était d’autant plus forte qu’elle bénéficiait de la participation et du leadership des communautés touchées. C’est grâce à leurs efforts que cette flambée n’a pas eu une portée mondiale. Ainsi, plus de 16 000 intervenants locaux de première ligne ont collaboré avec les plus de 1 500 personnes déployées par l’OMS. De même, l’appui apporté par les donateurs a été essentiel, tout comme le travail des institutions partenaires du système des Nations Unies, des ONG nationales et internationales, des réseaux de chercheurs et des partenaires envoyés sur le terrain par l’intermédiaire du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie. Le travail acharné mené pour consolider les capacités de préparation dans les pays limitrophes a également réduit le risque de voir la flambée prendre de l’ampleur.

Le travail va se poursuivre pour tirer parti des avancées réalisées dans le cadre de cette riposte et ainsi faire face à d’autres enjeux sanitaires, comme la rougeole et la COVID‑19.

« Au cours des presque deux années que nous avons passées à combattre le virus Ebola, l’OMS et les partenaires ont contribué à renforcer les capacités des autorités sanitaires locales à gérer les flambées », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

« La riposte que la RDC peut désormais apporter à Ebola n’en est que meilleure, plus judicieuse et plus rapide. Il s’agit là d’un acquis durable qui vient soutenir la riposte à la COVID-19 et à d’autres épidémies. »

À l’heure où les pays du monde entier font face à la pandémie de COVID-19, la riposte à Ebola en RDC offre des enseignements précieux. Beaucoup, parmi les mesures de santé publique qui sont parvenues à arrêter Ebola, sont celles-là mêmes qui sont désormais essentielles pour enrayer la COVID‑19 : trouver, isoler, tester et prendre en charge chaque cas et chercher sans relâche chaque contact.

En RDC, les agents communautaires ont été formés et équipés d’une application de collecte de données pour téléphone portable qui leur a permis de rechercher les contacts et de les communiquer en temps réel, plutôt que de remplir des rapports papier fastidieux. Même lorsque les violences ont contraint les villes à se replier sur elles-mêmes, les agents communautaires, dont beaucoup sont des femmes de la région, ont continué à rechercher les contacts à l’aide de l’application, ce qui a été essentiel pour venir à bout de cette flambée.

Cette dixième flambée en RDC s’est certes terminée, mais la lutte contre Ebola se poursuit. En effet, le 1er juin 2020, sept cas de maladie à virus Ebola ont été notifiés dans la ville de Mbandaka et dans la zone de santé voisine de Bikoro, dans la province de l’Équateur, ce qui a conduit à déclarer une onzième flambée. L’OMS soutient la riposte dirigée par les pouvoirs publics par le déploiement de plus de 50 membres de son personnel et l’administration d’un vaccin à plus de 5 000 personnes.

L’OMS rend hommage aux milliers d’intervenants héroïques qui ont combattu l’un des virus les plus dangereux de la planète dans l’une des régions les plus instables du monde. Certains agents de santé, dont des experts de l’OMS, ont payé ce combat au prix fort en sacrifiant leur vie pour lutter contre Ebola.

OMS

 

 

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