Coronavirus: en RDC journée d’action des médecins pour réclamer leur prime de risque

En République démocratique du Congo (RDC), le secteur sanitaire secoué par la grogne en pleine crise mondiale de coronavirus. Dans plusieurs villes du pays, les médecins ont manifesté hier mercredi pour réclamer le paiement de leur « prime de risque » pour les deux premiers trimestres de l’année, ce qui constitue l’essentiel de leurs faibles revenus.

Blouses blanches, masques sur le visage et rameaux à la main, plusieurs centaines de médecins ont déferlé sur le boulevard du 30 juin en direction de la primature.

Ils se plaignent de ne pas avoir touché de prime de risque, soit environ 500 dollars, comme Narcisse, âgé d’une trentaine d’années, qui est dans le secteur public hospitalier depuis cinq ans et ne touche rien. « C’est regrettable ! », nous confie-t-il.

Une situation qui plonge ces médecins et leur famille dans la précarité, ce qui est inacceptable pour le corps médical. Pour boucler leurs fins de mois, beaucoup d’entre eux comme Regina et Patient travaillent également dans le privé. « Nous tenons grâce à des extras dans de petits centres privés, explique Regina. Ca nous rapporte cinquante, cent dollars ». Mais « mes enfants en ont marre, ils ne me voient presque plus », regrette Patient selon qui « le gouvernement (leur) impose de vivre dans la médiocrité ».

Près de 8000 médecins sont concernés par cette question à travers le pays.

Devant la primature, sa blouse blanche repliée sous ses bras, Miguel Milambo, le coordonnateur des grévistes est catégorique. « Nous comptons faire le siège de ce site jusqu’à l’obtention d’une note claire instruisant le ministre du Budget de payer les budgets !»

La colère des grévistes ne faiblit pas. Tous se disent déterminés à ne plus se contenter des promesses du gouvernement. À Bukavu et à Kisangani, la marche a été réprimée par la police. A Bandundu-ville et Beni, les manifestants ont marché sans incident.

Dans la capitale Kinshasa, sous un soleil accablant, les grévistes qui faisaient le siège de la primature n’ont pas été reçus par le Premier ministre, Sylvestre Ilunga. « C’est une preuve de plus que le mépris est manifeste, nous sommes négligés », proteste l’un des chefs de file des grévistes.

@RFI

 

LA JPSC INITIE LES JEUNES A L’APPRENTISSAGE DES METIERS PENDANT LA COVID-19

Dans l’objectif de contribuer à l’encadrement de la jeunesse en cette période de la Covid-19, la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création (JPSC en sigle) a organisé une série de formations d’apprentissage des métiers dans le domaine de la coupe et couture, fabrication des paniers et sacs à main pour dame. Cette série de formations a été lancée ce mercredi 8 juillet 2020 à 8h00, à l’Eglise CBCA Shabaa et où ont pris part 27 personnes, parmi lesquelles 21 filles et 6 garçons, tous membres du Club de Paix CBCA Shabaa.
Dans cette séance de lancement de la formation, divers mots d’encouragement et d’orientation ont été présentés successivement par le représentant du Ministère provincial de la Culture et Art, le Formateur du Club de paix Grace Madihano ainsi que le Formateur Darcy Sikwaya qui est délégué de la Coordination JPSC-Secrétariat généal à cette séance d’ouverture. Dans son allocution, ce dernier a exhorté les participants à l’assiduité, au courage et à la discipline pendant ces quelques jours de formation, afin qu’ils ne sortent du lieu de formation comme ils y sont entrés, mais plutôt transformés et ayant acquis des nouvelles connaissances pouvant leur être utiles pas seulement pendant cette période de la Covid-19, mais bien plus après.  Il a insisté sur la capitalisation des acquis de la formation, car dans cette période de la Covid-19, les métiers et différents travaux faits à la main jouent un rôle on ne peut plus important et non à négliger, a-t-il conclu. Une photo de famille a sanctionnée la fin de cette séance lancement.

Cette série des formations va se poursuivre jusqu’au 10 juillet 2020 à la CBCA Shabaa et au Secrétariat général de la CBCA, dans le strict respect des mesures barrières contre la pandémie à Corona Virus.

 

Fin officielle de la dixième flambée d’Ebola en République Démocratique du Congo

Maintenir la vigilance face aux résurgences et continuer de soutenir les survivants, c’est la lutte qui reste

Le ministre de la Santé, Dr Eteni Longondo, a annoncé jeudi 25 juin 2020, la fin de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri et au Nord-Kivu, renseigne Cas-info.ca

Selon Eteni Longondo, aucun nouveau cas n’a été confirmé pour le 57ème jour consécutif, c’est pourquoi cette 10e épidémie qui avait connu une résurgence à Beni le 10 avril 2020 dernier est déclarée finie.

L’OMS félicite toutes les personnes qui ont participé au travail pénible et souvent dangereux nécessaire pour venir à bout de la flambée. L’Organisation rappelle néanmoins qu’il faut rester vigilant. Dans les mois à venir, il sera essentiel de continuer à soutenir les survivants et de maintenir des systèmes solides de surveillance et de riposte pour endiguer les éventuelles résurgences.

Nous saluons aujourd’hui la fin de la dixième flambée de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Il n’aurait pas été possible de surmonter cet épisode long, complexe et difficile sans le leadership et l’engagement du Gouvernement de la RDC, qui a pu compter sur le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’une multitude de partenaires et de bailleurs de fonds et, plus encore, sur les efforts déployés par les communautés touchées par le virus.

« Cette flambée nous a tous mis à rude épreuve, en particulier la population de la RDC, mais nous en sommes sortis armés d’enseignements et d’outils précieux. Le monde est désormais mieux équipé pour riposter à Ebola. Un vaccin a été homologué et des traitements efficaces identifiés », a indiqué le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« L’heure est aux réjouissances, mais nous devons résister à la tentation de l’autosatisfaction. Les virus ne prennent pas de pause. Au final, la meilleure défense contre toute flambée consiste à investir dans un système de santé plus solide qui serve de fondement à la couverture sanitaire universelle. »

Cette flambée, qui s’est déclarée le 1er août 2018 dans le Nord Kivu, a été la deuxième au monde par son importance et a présenté des difficultés particulières du fait qu’elle est apparue dans une zone de conflit actif. On a dénombré 3 470 cas, 2 287 décès et 1 171 survivants.

Au cours des 22 mois qu’elle a duré, la riposte – dirigée par le Gouvernement de la RDC et le Ministère de la santé avec le soutien de l’OMS et des partenaires – a supposé la formation de milliers d’agents de santé, l’enregistrement de 250 000 contacts, la réalisation de tests pour 220 000 échantillons, la mise à disposition des patients d’un accès équitable à des traitements de pointe, la vaccination de plus de 305 000 personnes avec le vaccin rVSV-ZEBOV-GP qui a fait preuve d’une grande efficacité, ou encore l’offre de soins pour tous les survivants après leur guérison.

Cette riposte était d’autant plus forte qu’elle bénéficiait de la participation et du leadership des communautés touchées. C’est grâce à leurs efforts que cette flambée n’a pas eu une portée mondiale. Ainsi, plus de 16 000 intervenants locaux de première ligne ont collaboré avec les plus de 1 500 personnes déployées par l’OMS. De même, l’appui apporté par les donateurs a été essentiel, tout comme le travail des institutions partenaires du système des Nations Unies, des ONG nationales et internationales, des réseaux de chercheurs et des partenaires envoyés sur le terrain par l’intermédiaire du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie. Le travail acharné mené pour consolider les capacités de préparation dans les pays limitrophes a également réduit le risque de voir la flambée prendre de l’ampleur.

Le travail va se poursuivre pour tirer parti des avancées réalisées dans le cadre de cette riposte et ainsi faire face à d’autres enjeux sanitaires, comme la rougeole et la COVID‑19.

« Au cours des presque deux années que nous avons passées à combattre le virus Ebola, l’OMS et les partenaires ont contribué à renforcer les capacités des autorités sanitaires locales à gérer les flambées », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

« La riposte que la RDC peut désormais apporter à Ebola n’en est que meilleure, plus judicieuse et plus rapide. Il s’agit là d’un acquis durable qui vient soutenir la riposte à la COVID-19 et à d’autres épidémies. »

À l’heure où les pays du monde entier font face à la pandémie de COVID-19, la riposte à Ebola en RDC offre des enseignements précieux. Beaucoup, parmi les mesures de santé publique qui sont parvenues à arrêter Ebola, sont celles-là mêmes qui sont désormais essentielles pour enrayer la COVID‑19 : trouver, isoler, tester et prendre en charge chaque cas et chercher sans relâche chaque contact.

En RDC, les agents communautaires ont été formés et équipés d’une application de collecte de données pour téléphone portable qui leur a permis de rechercher les contacts et de les communiquer en temps réel, plutôt que de remplir des rapports papier fastidieux. Même lorsque les violences ont contraint les villes à se replier sur elles-mêmes, les agents communautaires, dont beaucoup sont des femmes de la région, ont continué à rechercher les contacts à l’aide de l’application, ce qui a été essentiel pour venir à bout de cette flambée.

Cette dixième flambée en RDC s’est certes terminée, mais la lutte contre Ebola se poursuit. En effet, le 1er juin 2020, sept cas de maladie à virus Ebola ont été notifiés dans la ville de Mbandaka et dans la zone de santé voisine de Bikoro, dans la province de l’Équateur, ce qui a conduit à déclarer une onzième flambée. L’OMS soutient la riposte dirigée par les pouvoirs publics par le déploiement de plus de 50 membres de son personnel et l’administration d’un vaccin à plus de 5 000 personnes.

L’OMS rend hommage aux milliers d’intervenants héroïques qui ont combattu l’un des virus les plus dangereux de la planète dans l’une des régions les plus instables du monde. Certains agents de santé, dont des experts de l’OMS, ont payé ce combat au prix fort en sacrifiant leur vie pour lutter contre Ebola.

OMS

 

 

CORONAVIRUS : les cultivateurs aussi impliqués dans la lutte

Nous sommes dans le poste Ecclésiastique de Kisima et de Kitsimba, où dans ce contexte de la pandémie qui n’a pas épargné la Province du Nord Kivu, la CBCA est dans le cadre de son projet de sécurité alimentaire dans ces deux postes ecclésiastiques Kisima Lac et Kitsimba, une sensibilisation sur le COVID-19 a eu lieu, plus précisément dans les villages de KAULI, KISIMA et KASINZWE.

Se servant du manuel provenant du ministère de la santé de la RDC, cette sensibilisation a visé les bénéficiaires du projet dans ces trois villages précités et a consisté à l’éveil de conscience de ces bénéficiaires sur l’existence de la pandémie et qu’elle peut atteindre tout le monde, son mode de propagation, les symptômes de la maladie ainsi que les gestes barrières pour limiter la propagation.

Mr James Mauka, facilitateur de la séance a insisté sur le fait que même si la maladie n’est pas signalée dans le milieu, elle se propage vite avec le mouvement des personnes et a appelé à leur prudence dès lors qu’ils reçoivent des personnes venant d’ailleurs et qu’eux aussi se déplacent.

A Kauli, la sensibilisation a eu lieu le 30 avril. A Kisima avec quelques bénéficiaires de Muhita il y a eu deux séances de sensibilisation en dates du 16 mai et du 13 juin et à Kasinzwe le 27 mai.

Plus de 50 cultivateurs ont bénéficiés de ces différentes séances, une initiative à encourager.

La JPSC CBCA Antenne de Kampala facilite le rapatriement des congolais bloqués à Kampala suite au Covid-19

C’était vendredi 12/6/2020 sous la facilitation de la JPSC CBCA Antenne de Kampala que le premier convoi des 52 congolais a quitté le sol Ougandais pour retourner en RDC en prenant les uns l’axe Bunagana(Rutshuru-Goma-Bukavu), et les autres l’axe Kasindi(Beni-Butembo-Kisangani).

Ayant entendu les cris de détresse de citoyens congolais, au total 315 bloqués à Kampala depuis le 18 Mars 2020, date à laquelle, le gouvernement Ougandais avait procédé au confinement total du pays, le coordinateur de la JPSC BCCA Antenne de Kampala, Maitre Didier Sivyaghendera a entrepris des contacts et démarches auprès de l’ambassade de la RDC en Uganda. Saisi de la situation, l’ambassadeur a exigé l’enregistrement des congolais qui réclament retourner, car vaut mieux chez soi que chez autrui. Faisant suite aux listes à sa disposition, l’ambassadeur, malgré le fait qu’il soit endeuillé par la mort de son fils aîné pendant cette période, s’est investi dans les contacts auprès du ministère des affaires étrangères en collaboration avec le ministère de la santé et celui des transports, il s’en est suivi la disponibilité de documents d’autorisation de voyage.

C’est avec joie et satisfaction que les retournés ont exprimé leur reconnaissance aux efforts de la coordination JPSC CBCA Antenne de Kampala. La bonne nouvelle est que tous ceux ont été rapatriés vendredi 12 Juin sont tous bien arrivés en RDC.

Il est important de signaler qu’à part les deux axes ci haut cités, l’axe Kinshasa-Lubumbashi et Kalemi restent et seront ouvert après l’approbation du gouvernement congolais. Les démarches restent encours.

 

 

Past Ali Mwamba

 

COVID-19 : La CBCA assiste les fidèles de la paroisse cbca kampala durant cette période de confinement

Elles étaient 95 familles dont 21 familles des fidèles ougandais membres membres de la CBCA et quelques voisins de la paroisse ayant reçu chacune 15 kgs de Riz. Ceci entre dans le cadre d’accompagnement de fidèles en difficulté alimentaire suite au confinement total dû au COVID-19 décrété par le gouvernement ougandais depuis le 18/03/2020.

Tout s’est passé samedi 30/05/2020 à Kampala précisément dans la parcelle de la paroisse CBCA Kampala, activité de distribution faite par la diaconie de la paroisse sous la houlette du par l’Evangéliste ALI MWAMBA COLIN Pasteur associé de la Paroisse qui a dit la prière d’action de grâce, prière suivie du mot de remerciement du chef d’avenue KIMERA JOHN en ces termes : « Our people are happy for this assistance. We thank the church for this activity for preaching the gospel to the people in the community through action».

Avec satisfaction, certains bénéficiaires n’ont pas manqué de dire leur remerciement.

« Les promesses de Dieu se réalisent, comme la Bible dit que Dieu donne à manger aux oiseaux, de manière inattendue moi aussi, Dieu vient de m’accorder à manger, témoigne une veuve bénéficiaire. »

« Je remercie Dieu et l’église pour ce don que moi et ma famille venons de recevoir, Amen ; témoigne monsieur Paluku Muvunga. »

Reconnaissants, les leaders de la CBCA Kampala ensemble avec les bénéficiaires en général ont manifesté leur joie, tout en remerciant Dieu et l’Eglise la CBCA pour avoir pensé à eux pendant cette période difficile pour cette assistance en vivres.

Alors que l’ouganda a procedé au decofinnement, quelues activités reprennent progressivement mais jusque là les rassemblements des Eglises ne sont autorisés.

 

 

 

 

NOTE DE PLAIDOYER A L’INTENTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU SUR LA PROBLEMATIQUE DES ROUTES URBAINES EN VILLE DE GOMA. 

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NOTE DE PLAIDOYER A L’INTENTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU SUR LA PROBLEMATIQUE DES ROUTES URBAINES EN VILLE DE GOMA. 

  1. INTRODUCTION 

La Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création, JPSC en sigle est l’un des services de la 

Communauté Baptiste de l’Afrique (CBCA) qui s’occupe de questions en rapport avec la paix, les droits 

humains et la protection de l’environnement. Elle intervient également dans la promotion de la 

gouvernance locale en renforçant la participation de la population à la gestion de la chose publique. En 

rapport avec la mission prophétique de l’Eglise, celle de promouvoir la justice sociale, la CBCA vise à 

accompagner les autorités publiques pour l’émergence d’une société qui promeut les droits humains et le 

bien-être pour tous. C’est dans ce cadre que ce plaidoyer est adressé à l’autorité provinciale et vise à 

obtenir au profit de toute la population l’amélioration des conditions sur certaines artères routières de la ville 

de Goma, dont l’état serait à l’origine de certains cas d’accidents causant plusieurs dommages tant 

humains que matériels. 

  1. CONTEXTE GENERAL 

La ville de Goma est comptée parmi les trois villes de la province du Nord-Kivu. Elle est le chef-lieu de la 

Province du Nord-Kivu et le siège des institutions provinciales. Elle a particulièrement un attribut de ville- 

touristique suite à ses immenses potentialités naturelles, écologiques, humaines, … Ce caractère 

particulier lui confère la possibilité d’être visitée par des millions des touristes chaque année, ce qui est un 

atout favorable tant pour le trésor public congolais que pour son propre essor. 

En 2002, elle a été entièrement calcinée par une éruption volcanique, qui a presque tout emporté avec elle 

(bâtiments, routes, …) ; une situation qui a plongé la population dans le désespoir et surtout dans la 

dépendance de l’aide humanitaire. Cependant, il a été observé une évolution exponentielle en termes 

d’amélioration d’infrastructures immobilières et routières en ville de Goma, juste quelques années après 

l’éruption volcanique. 

Soulignons d’emblée que quelques années après l’éruption volcanique, la ville a traversé une étape où les 

tronçons routiers étaient entièrement poussiéreux et rocailleux. De façon plus détaillée, il pouvait être 

constaté une situation désastreuse dans le tronçon qui va du Rond-point Rutshuru jusque Terminus 

ULPGL ; sans parler de la route Terminus-Hôtel Karibu ainsi que celle quittant Terminus ULPGL vers 

NDOSHO. 

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En effet, pendant la saison pluvieuse, les routes étaient presque remplies des flaques d’eaux, situation qui 

pouvait facilement entraver la circulation, et dans quelques endroits rendre les rues quasiment 

impraticables. Pendant la saison sèche, ces mêmes tronçons routiers sus-évoqués étaient poussiéreux à 

tel enseigne qu’il était toujours observé des incidences néfastes sur la santé de la population et 

particulièrement les petits commerçants entretenant leurs activités non loin des tronçons routiers. 

Quelques années après cette situation de débâcle, surtout après l’expression des cris de détresse de la 

population à travers différents mouvements citoyens, associatifs et sociétés pétrolières, le gouvernement 

provincial s’est résolument engagé à asphalter les artères routières dans la ville ; en collaboration avec les 

sociétés pétrolières. 

Un processus d’asphaltage des routes a été déclenché à partir des années 2006 et s’est étalé sur presque 

sept ou huit ans. Il est donc possible aujourd’hui de faire une bonne partie de la ville de Goma sur les 

routes entièrement asphaltées ; de l’Est (Les volcans, Birere, Murara, Virunga) à l’ouest (Katindo, Himbi, 

Kyeshero, Ndosho) de la ville, du Nord au sud de la ville. A ces niveaux, les axes routiers principaux sont 

entièrement asphaltés tel qu’il peut être constaté, nonobstant les quelques autres axes principaux qui 

restent ; le cas de l’axe Terminus ULPGL vers Ndosho, l’axe Entrée Président-Kibwe-jusque Majengo, … 

Il est impérieux de féliciter les efforts qui tendent à rendre les rues et différentes avenues de la ville 

plus attrayantes. C’est le cas des quelques avenues déjà pavées ; celle reliant la plage du peuple au 

marché d’Allanine, quelques avenues du centre commercial (les volcans et Birere), et quelques autres dans 

différents quartiers. 

Les efforts doivent donc toujours être consentis de façon que toutes les artères routières de la ville soient 

entièrement asphaltées, et plus particulièrement ces artères où les projets d’asphaltage ont visiblement 

commencé mais suspendus pour les raisons que la population ignore. 

Nonobstant tout ce qui est ci-haut dit, il est important de brosser quelques défis sur lesquels il est d’une 

nécessité particulière d’avoir des solutions. 

III. LES DEFIS PARTICULIERS 

  1. Absence de points de stationnement (parking) routiers sur les axes: Cette situation est observable sur 

la quasi-totalité des axes routiers dans la ville de Goma. Actuellement, il est déjà une habitude pour les 

transports en commun de s’arrêter n’importe où sur la chaussée, soit pour déposer un usager ou prendre un 

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autre ou encore pour décharger les marchandises. Le problème trouve toute sa pertinence lorsqu’il s’agit 

des axes routiers exigus. C’est le cas des artères Virunga, Katoyi, Mutinga-Majengo, où ce défi est la cause 

des accidents de circulation à répétition, des embouteillages pendant les heures de pointe, … 

  1. Asphaltage des routes sur les tuyaux de la Regideso : certaines des routes de la ville de Goma 

sont dégradées à cause de l’écoulement des eaux issues des tuyaux souterrains vétustes. Le 

principe serait celui d’une étude minutieuse de l’emplacement des tuyaux avant l’asphaltage. La 

question est celle de savoir si exactement ces études qui devraient se faire en aval étaient-elles 

menées réellement. Le cas pratique est celui de la route « Kilomètre témoin » construite par le 

gouvernement provincial du Nord-Kivu. Elle est aujourd’hui menacée par des tuyaux souterrains 

endommagés, ainsi les eaux la rendent sale et glissante. 

  1. Absence du système de drainage et canalisation des eaux de pluie : ce défi est aussi important et 

nécessite une attention particulière. En effet, pendant la saison pluvieuse, il est constaté que certains axes 

routiers ; dépourvus du système de canalisation d’eau, sont couverts des flaques d’eau et ainsi développent 

auprès des parcelles avoisinantes de la rue des maladies… c’est le cas de l’avenue Hon. Julien Paluku qui 

se transforme en rivière lors de grandes pluies. 

  1. L’absence de l’éclairage public sur certains tronçons routiers : cet aspect est un facteur important dans 

les axes routiers d’une ville. Il permet à ce que les personnes et les biens circulent facilement pendant les 

heures nocturnes. Il réduit aussi le taux de criminalité sur les voies de circulation. Mais malheureusement, 

dans la ville de Goma, seuls quelques artères routières sont éclairées. Sans citer celles qui sont éclairées, il 

est important de rappeler que les endroits non éclairés sont le foyer des accidents pendant les heures 

nocturnes, des vols sous diverses formes. En revanche, les routes soit disant éclairées ne le sont pas en 

pratique suite au manque de service permanent de maintenance. 

  1. Le non-respect du code de la route par certains usagers : certains conducteurs utilisant la voie routière 

dans la ville ne sont pas respectueux du code de la route, suite à sa méconnaissance ou à la négligence, tel 

que le mauvais stationnement, l’excès de vitesse, l’ivresse au volant, le mauvais chargement, l’absence de 

documents requis, etc. Il en est aussi le cas de certains éléments de la police spéciale de circulation routière 

qui s’évertuent dans de pratiques honteuses, notamment le pot de vin et les arrestations arbitraires. Cette 

situation est la cause d’un nombre important d’accidents sur les artères routiers de la ville. 

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  1. L’emplacement conflictuel des poteaux de la SOCODEE et ceux de Virunga Sarl : Cette question est 

importante et nécessite une réponse rapide, avant que les conséquences ne soient fâcheuses sur la vie de 

la population. En effet, depuis que les sociétés de distribution du courant électrique sont en concurrence ; 

suite à la libéralisation du secteur d’électricité, il est observé une situation inquiétante dans la façon dont les 

poteaux sont arrangés le long des chaussées dans la ville de Goma. Ils ne sont pas distants les uns des 

autres, à tel enseigne que les fils conducteurs du courant risqueront plus tard de se croiser et causer 

d’énormes dégâts. Cette situation peut s’observer sur les artères de Katoyi, Virunga, Majengo, et même 

dans les quartiers extrêmes de la ville (Turunga, Buhene, …). 

  1. Absence de panneaux de signalisation sur les artères : sur plusieurs artères de la ville, il se remarque 

une absence de panneaux de signalisation, alors que cela est requis par le Code de la route. Cette situation 

est particulièrement constatée pour la traversée de la route par les piétons où beaucoup de conducteurs ne 

réduisent pas la vitesse à l’approche de piétons, en particulier les enfants (élèves) ; cela est à la base de 

plusieurs accidents sur les routes en ville de Goma. 

  1. Absence des bancs publics pour les piétons le long des avenues : plusieurs routes des avenues n’ont 

pas de bancs pour les piétons, ce qui les expose aux accidents de circulation. Aussi, les personnes à 

mobilité réduite, les vielles personnes et les enfants ont du mal à parcourir de longues distances sans avoir 

de banc pour se mettre avant de poursuivre leur route. Il en est par exemple de la route allant de rond-point 

Birere à l’Aéroport International de Goma, Grande barrière jusqu’à Rond-point Signers, … 

  1. Absence des allés pour vélos ou chukudus : compte tenu du nombre croissant de véhicules et motos en 

circulation, les utilisateurs de vélos et chukudus courent plusieurs risques à cause de l’absence des allées 

destinées pour eux et sont également parfois à la base des embouteillages devenus de plus en plus 

fréquents dans la ville de Goma. 

  1. RECOMMANDATIONS 

Au vu de ce qui précède, la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création recommande à l’Autorité 

Provinciale de : 

  1. Mettre en place un programme de rénovation des routes de la ville de Goma, notamment en : érigeant des 

points de stationnement sur les principales artères et en construisant de canalisations d’eau, notamment sur 

les axes routiers Majengo et Katoyi ; en asphaltant ou en pavant les routes restantes ; 

  1. Coopérer avec les sociétés d’électricité, et en partenariat avec la mairie de Goma, pour le renforcement du 

réseau d’éclairage public sur les principales artères routières ; 

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  1. Poursuivre avec la réhabilitation des routes et l’entretien des routes secondaires pour désengorger les 

principales artères routières ; et ce dans l’approche partenariat public-privé ; 

  1. Revisiter et aménager des ronds point et autres croisements des artères où la circulation est très élevée 

tels que: Rond- point Birere, Instigo, Mutinga, Entrée Président, terminus ULPGL, Entrée Kilijiwe… 

  1. Renforcer les capacités des éléments de la police spéciale de circulation routière (PSCR) en matière du 

Code de la route et les droits de l’Homme ; 

  1. Doter la Police Spéciale de Circulation Routière des équipements modernes, tels que les appareils pour 

mesurer l’excès de vitesse et l’alcoolémie ; 

  1. Poursuivre avec l’installation de panneaux de signalisation routière en dotant la Commission Nationale de 

Prévention Routière (CNPR) de moyens conséquents ; 

  1. Installer des feux de signalisation au niveau de certaines bifurcations, telles que mutinga, entrée musée sur 

la route Katindo, etc. ; 

  1. Contrôler la réglementation de la délivrance de permis de conduire par les services habilités ; 
  2. Instruire le Maire de la ville à réglementer le transport de personnes dans la ville en partenariat avec les 

associations de conducteurs de véhicules et motos ; 

  1. Eriger des allées pour les vélos et chukudus, particulièrement sur la route majengo fréquemment utilisée par 

les chukudus en provenance du marché de Kibumba et autres routes similaires ; 

  1. Annuler les allers-retours et recommander le « one way » dans les axes étroits tels que MUTINGA-KATOYI- 

Majengo 

  1. Aménager des bancs ou strates pour les piétons sur les grandes artères de la ville de Goma. 

Fait à Goma, le 10 Décembre 2019 

Pour la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la 

Création 

Me KAMBALE SONDIRYA Christian 

Coordonnateur 

NOTE DE PLAIDOYER ADRESSEE AU MAIRE DE LA VILLE DE GOMA POUR LA LUTTE CONTRE LA PROLIFERATION DES DEBITS DES BOISSONS ET LA CONSOMMATION DES BOISSONS FORTEMENT ALCOOLISEES, AINSI QUE LA DROGUE. 

NOTE DE PLAIDOYER ADRESSEE AU MAIRE DE LA VILLE DE GOMA POUR LA LUTTE CONTRE LA PROLIFERATION DES DEBITS DES BOISSONS ET LA CONSOMMATION DES BOISSONS FORTEMENT ALCOOLISEES, AINSI QUE LA DROGUE. 

La Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création (JPSC) est un service de la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique dont la mission est de promouvoir la résolution pacifique des conflits, la réconciliation, les droits humains et la bonne gouvernance. Elle s’occupe également de questions relatives à la coopération civilo-militaire c.à.d. le rapprochement entre militaires, policiers et population civile, ainsi que la préservation des écosystèmes. Le fondement de la mission de la JPSC est principalement biblique et juridique. 

En effet, dans le cadre de la promotion de la gouvernance participative, la CBCA a organisé, à travers sa Commission JPSC, une série d’enseignements portant sur la bonne gouvernance, sous le thème « Multiplions les œuvres de la foi à travers la bonne gouvernance ». L’objectif est d’aider les chrétiens (citoyens) à connaitre les principes fondamentaux qui leur permettront de vivre et pratiquer la bonne gouvernance en tant qu’œuvre de la foi à tous les niveaux de la société, de l’Etat, au sein de l’Eglise et en famille. 

C’est dans cette perspective que la CBCA, à travers la JPSC, s’évertue à juste titre dans le plaidoyer en faveur de la promotion de la bonne gouvernance et ce, en partenariat avec les autorités étatiques. En effet, parmi les maux qui rongent notre société figure la dépravation des mœurs à travers la consommation des boissons fortement alcoolisées et la drogue. Ce phénomène qui devient de plus en plus récurrent dans la Province du Nord-Kivu en général et dans la ville de Goma en particulier est l’un des facteurs à la base de la destruction de la jeunesse à la quelle nous assistons dans notre milieu. Ce phénomène inquiétant se présente à différents niveaux : 

– la prolifération de lieux de fabrication des boissons fortement alcoolisées, – La distribution et la vente désordonnée de ces boissons dont les prix extrêmement bas, 

sont à la portée de toutes les bourses ; – La consommation excessive de ces boissons par la population dont les jeunes sont particulièrement exposés à des multiples conséquences, tant sur le plan sanitaire que social ; – La prolifération de débits des boissons qui fonctionnent en dehors de toute norme de conduite et favorisent la débauche et la prostitution dont les jeunes filles sont particulièrement victimes ; – Le trafic et la consommation de différentes sortes de drogues, dont le chanvre, le patex, même par certains agents de l’ordre, à telle enseigne que les camps Munzenze et Katindo sont réputés être l’un des endroits où le chanvre est facilement accessible, etc. – La vente et la consommation désordonnée de certains produits pharmaceutiques à des 

fins de stupéfiants. 

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Devant cette situation qui porte fortement atteinte à l’ordre public, il y a lieu d’épingler quelques conséquences qui en découlent : 

– La recrudescence de la violence et la criminalité en ville de Goma ; – L’accroissement du nombre des jeunes en conflit avec la loi et les enfants en rupture 

familiale ; – Le développement d’une culture d’immoralité, particulièrement en milieu des jeunes ; – L’accroissement de cas d’accidents de circulation dans la ville de Goma à la suite de 

l’ivresse au volant ; – La détérioration du climat de paix et de concorde au sein des familles à la suite de 

l’alcoolisme ; – Le développement des maladies causées par la consommation excessive des boissons fortement alcoolisées et les drogues, notamment les maladies hépatiques et les pathologies psycho somatiques, comme la démence. 

Ainsi, au vu de tous ces méfaits qu’engendre ce fléau dans notre environnement, la JPSC formule à l’endroit de l’autorité publique les recommandations ci-après : 

  1. Que des mesures de police soient prises en vue de réglementer les activités des débits des boissons, en l’occurrence interdiction faite à ces derniers de fonctionner avant 16heures et au-delà de 21heure ; 2. Que des mesures d’interdiction ou de fermeture soient prises contre les débits des 

boissons qui fonctionnent en violation de la réglementation en la matière ; 3. Que des mesures de protection des enfants contre la fréquentation des débits des 

boissons soient prises en vue de lutter contre la dépravation des mœurs ; 4. Que des mesures d’interdiction de la production, exportation, commercialisation et consommation des boissons fortement alcoolisées soient prises et ce, en collaboration avec tous les services étatiques compétents ; 5. Que des mesures courageuses soient prises pour lutter contre le trafic et la 

consommation des stupéfiants (drogue, chanvre) ; 6. Que la police de circulation routière soit équipée des matériels modernes pour la 

détection du taux d’alcoolémie ; 7. Que des sanctions exemplaires soient prises à l’endroit de tous les récalcitrants pour 

l’assainissement des mœurs et la lutte contre la criminalité. 

Fait à Goma, le 15 Aout 2017 

Pour la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création/CBCA 

Maitre KAMBALE SONDIRYA Christian 

Coordonnateur 

JPSC: NOTE DE PLAIDOYER A L’INTENTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU SUR LA PROBLEMATIQUE DE L’INSECURITE ET DE LA RECRUDESCENCE DE LA VIOLENCE EN VILLE DE GOMA. 

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NOTE DE PLAIDOYER A L’INTENTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU SUR LA PROBLEMATIQUE DE L’INSECURITE ET DE LA RECRUDESCENCE DE LA VIOLENCE EN VILLE DE GOMA. 

  1. INTRODUCTION 

La Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création, JPSC en sigle est l’un des services de 

la Communauté Baptiste de l’Afrique (CBCA) dont la mission est de promouvoir la culture de la paix, les 

droits humains et la protection de l’environnement. Elle intervient également dans la promotion de la 

gouvernance locale en renforçant la participation de la population à la gestion de la chose publique. En 

rapport avec la mission prophétique de l’Eglise, celle de promouvoir la justice sociale, la CBCA vise à 

accompagner les autorités publiques pour l’émergence d’une société qui promeut les droits humains et le 

bien-être pour tous sans aucune discrimination. C’est dans ce cadre que ce plaidoyer est adressé à 

l’autorité provinciale et vise à obtenir au profit de la population de Goma l’amélioration des conditions 

sécuritaires et la réduction de la violence au sein de la ville. En effet, il sied de souligner que 

l’épanouissement économique et l’amélioration du social sont tributaires à l’instauration de la sécurité et de 

la tranquillité publique. 

  1. CONTEXTE GENERAL 

Chef-lieu de la Province du Nord-Kivu, la Ville de Goma est le siège des institutions provinciales 

depuis le découpage du Kivu en trois provinces en 1988. La délimitation administrative de la ville de Goma 

se présente de la manière ci-après : A l’Est se trouve la République du Rwanda, à l’Ouest le Parc national 

des Virunga, au Nord le Volcan Nyiragongo et le territoire de Nyiragongo, au Sud le lac Kivu. C’est en 

raison de cette situation géographique que son développement a ainsi pris la forme d’une bande urbanisée 

horizontale longeant les rives du lac Kivu en direction de Masisi. Aussi, pour raison de sa situation 

stratégique, son attribut de ville touristique, son histoire vécue pendant les différentes guerres, l’afflux 

d’échanges transfrontaliers et son aéroport international, la ville de Goma est devenue une plaque 

tournante majeure sur le plan politique et économique au sein de la région des Grands Lacs. 

Soulignons que l’histoire de la ville de Goma est marquée par la récurrence de l’insécurité et de la 

violence. En 1994, l’afflux massif des réfugiés rwandais déverse à l’Est de la RD Congo environ un million 

de personnes parmi lesquelles celles détenant des armes. La majorité d’entre elles se sont installées dans 

des camps de réfugiés autour de Goma. Ces camps ont été le théâtre d’une catastrophe humanitaire 

profonde et le point de départ d’une militarisation et d’une violence à grande échelle. Cette situation a 

déstabilisé la ville pendant plusieurs mois. 

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En 1996-1997, la ville de Goma est devenue l’un des principaux centres militaires de l’AFDL, mouvement 

qui a chassé le Président MOBUTU du pouvoir en Mai 1997. Rappelons que les troupes de l’AFDL ont 

violemment démantelé les camps des réfugiés autour de Goma entraînant ainsi une hausse des tensions et 

de violence dans la ville. En 1998-2003, Goma est devenue la capitale de la rébellion du RCD pendant la 

deuxième guerre du Congo qualifiée de première guerre internationale africaine. Soulignons que pendant 

cette période la ville était placée sous le contrôle d’une élite militaro-économique. En dépit de la conclusion 

des accords de paix signés en 2002, Goma revivra les affres de la guerre quelques années plus tard. Entre 

2008 et 2013, la Ville de Goma a successivement été l’objet d’attaque du Congrès National pour la Défense 

du Peuple (CNDP) et du Mouvement du 23 Mars (M23). Pendant cette période, la ville fonctionnait comme 

une base de recrutement où les dirigeants rebelles pouvaient circuler librement et investir dans l’immobilier 

et les autres secteurs de l’économie. Soulignons qu’en Novembre 2012, le M23 a réussi à occuper la Ville 

pendant une brève période. Pendant environ 10 jours, les habitants de la ville ont été victimes des pillages 

et d’exécutions. Les guerres récurrentes en Province du Nord-Kivu ont donc été une cause majeure de 

l’insécurité et de la violence urbaine en ville de Goma par la militarisation, la prolifération d’armes à feu que 

les réseaux criminels n’auraient aucune difficulté de se ravitailler. Dans le contexte urbain congolais, 

d’autres éléments peuvent également en être la cause notamment le chômage, la pauvreté, l’impunité, le 

dysfonctionnement des forces de sécurité, etc. Soulignons qu’au cours de l’année 2019, la dynamique du 

phénomène d’insécurité a atteint son paroxysme avec une prolifération des kidnappings (enlèvements) dont 

les victimes sont libérées moyennant versement des rançons via les réseaux de télécommunication, des 

assassinats et des vols armés orchestrés par des groupes de 20 à 40 voleurs utilisant des véhicules pour 

transporter tous les biens volés. Cette nouvelle forme de criminalité a particulièrement été observée dans 

les quartiers Mabanga-Nord, Mabanga-Sud, Kasika, Majengo, Katoyi, Murara et Kyeshero. Ces groupes 

des voleurs ont opéré dans plusieurs ménages sans être inquiétés par les forces de l’ordre chargées de la 

patrouille. Notons que ces actes de vandalisme ont déclenché la colère de la population et des 

manifestations sur les artères publiques de la ville de Goma. 

Cependant, il faut mentionner que les autorités politico-militaires provinciales ne ménagent aucun effort en 

vue d’assurer la sécurité de paisibles citoyens en démantelant les bandes des criminels qui opèrent dans la 

ville. A titre illustratif, le commissariat provincial de la Police nationale congolaise (PNC) au Nord-Kivu a 

présenté le vendredi 20 décembre 2019 à Goma, soixante-quatre présumés bandits aux autorités 

provinciales. Ces présumés criminels ont été interceptés pendant la semaine dans différents quartiers de la 

ville. Ces derniers figurent parmi ceux qui insécurisent la ville de Goma. Parmi ces criminels, il a été 

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dénombré 51 hommes et 13 femmes. Association de malfaiteurs, détention illégale d’armes de guerre, vol 

qualifié, incendie criminel et meurtre telles sont les infractions qui ont été portées à leur charge. Une autre 

action à encourager est l’effort fourni par les forces de sécurité en étroite collaboration avec le Procureur de 

la République pour retrouver le dimanche 5 janvier 2020 un enfant de 3 ans kidnappé il y a 20 jours. Ces 

efforts qui s’inscrivent dans le cadre de résorber l’insécurité et la violence dans la ville sont 

sincèrement à féliciter. De pareils efforts doivent donc toujours être consentis de façon régulière afin que 

les habitants de la ville vivent dans la tranquillité et vaquent paisiblement à leurs occupations. 

En dépit de ce qui précède, les défis particuliers à relever, auxquelles il faut des solutions idoines pour 

mettre fin à l’insécurité en ville de Goma, sont multiples. 

III. LES DEFIS PARTICULIERS 

La liste n’étant pas exhaustive, notons les défis particuliers ci-après : 

  1. L’insuffisance des moyens permettant la mobilité rapide des forces étatiques chargées 

d’assurer la sécurité : La ville de Goma possède moins de cinq voitures 4×4 pour la police et deux 

autres pour la police militaire alors qu’elle abrite actuellement plus d’un million d’habitants. Notons 

en outre que la vétusté du charroi automobile réduit l’efficacité des forces de sécurité sur le terrain. 

Aussi, le plus souvent en cas d’appel des forces de sécurité pour un éventuel secours, il est 

surprenant que la réponse de « pas de carburant » vous soit réservée. 

  1. L’effectif réduit des éléments de la police et de la police militaire pour assurer la protection 

de la population : Ceci contraste avec la sur-militarisation de la ville. En effet, au lieu d’affecter les 

éléments à la protection de la population, ceux-ci assurent plutôt la sécurité de quelques individus 

(élites politico-militaro-économiques), laissant ainsi la population à son triste sort. Par exemple, il 

est rare de trouver plus de cinq éléments affectés au bureau du quartier. 

  1. La solde insignifiante payée aux éléments de maintien de l’ordre : Les éléments de la police et 

de l’armée ne cessent de se plaindre par rapport à l’insuffisance de leur salaire qui ne leur permet 

pas à couvrir les deux bouts du mois, le coût de la vie étant déjà élevé. Cette situation pousse 

certains parmi eux de se ravitailler autrement. La population en devient victime. 

  1. La détention des armes à feu non contrôlées par des civils : En cas d’arrestation des voleurs 

à mains armées, l’on enregistre souvent parmi eux des civils détenant illégalement des armes. L’on 

note donc ici la non-maîtrise des armes légères et petite calibre (ALPC) en circulation dans la ville. 

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  1. La présence des camps militaires au milieu de la population : Il est à noter ici les camps 

Katindo et Munzenze qui, au départ, étaient construits en dehors de la ville. Avec l’expansion 

actuelle de la ville, ces camps sont déjà encerclés par la population civile. Nous soulignons 

également le cas de nombreux militaires et policiers qui logent en dehors des camps cohabitant 

chaque jour avec des civils. La sur-militarisation de l’espace entourant l’aéroport international de 

Goma et la transformation progressive du Mont-Goma en camp militaire sont aussi à mentionner. 

  1. L’indiscipline de certains éléments chargés d’assurer la sécurité publique : Nous soulignons 

ici l’état d’ébriété sous lequel ces derniers prestent. Quand ils sont déjà soulés, la gâchette devient 

facile et se transforment eux-mêmes en source d’insécurité 

  1. La prolifération et la reconnaissance tacite des marchés dénommés « Bwaka » : Les biens 

volés y sont ouvertement vendus sans peur d’être inquiété. Les victimes des vols n’ont même plus 

le droit de réclamer leurs biens y trouvés. Il sied de mentionner que ce sont les femmes des 

militaires qui œuvrent en majorité dans ces marchés. Ce phénomène encourage le banditisme au 

sein de la ville. 

  1. La prolifération des gangs et des Maibobo (enfants en rupture familiale) : Ces derniers 

opèrent dans des milieux populaires où il y a beaucoup d’affaires. Ce qui étonne est qu’il s’observe 

souvent une affinité entre les gangs et certains agents de l’ordre. 

  1. L’absence de l’éclairage public sur plusieurs avenues: Seules quelques avenues sont 

éclairées. Les endroits non éclairés constituent le foyer des vols sous diverses formes. Notons que 

sous le couvert de l’obscurité, et les rues étant déjà désertes, il est plus facile pour les bandits, les 

voleurs et les agents de police et de l’armée mal intentionnés de ravir argent, téléphones et autres 

biens de valeur auprès de la paisible population. 

  1. La prolifération des maisons de tolérance : Les criminels planifient souvent leurs actions de 

banditisme et concluent des accords des transactions dans ces endroits où l’on enregistre la 

prostitution organisée, les boissons fortement alcoolisées et les stupéfiants. 

  1. La présence des groupes armés aux environs de la ville : La plupart des personnes victimes 

des enlèvements sont orientées vers le Parc National des Virunga où elles subissent des actes de 

violence pour que la rançon soit vite versée. En effet, notons que nombreux groupes armés dont 

les FDLR rodent autour de la ville de Goma. La ville constitue leur lieu de ravitaillement en divers 

produits. 

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  1. L’inaction des réseaux de télécommunication dans la démarche de détection des 

kidnappeurs : Les criminels auteurs d’enlèvements utilisent ces réseaux pour que la rançon leur 

soit déposée, soit par voie électronique soit par dépôt d’argent liquide à un endroit qu’ils indiquent 

par appel téléphonique. Quand la famille victime d’enlèvement entreprend la démarche afin que les 

sociétés de télécommunication notamment Orange, Vodacom et surtout Airtel contribuent à la 

détection des kidnappeurs, ces dernières n’hésitent pas à déclarer qu’elles n’ont aucune 

autorisation pour faciliter cette démarche. Cette attitude crée au sein de l’opinion publique une 

suspicion croyant que ces sociétés seraient en connivence avec les réseaux des acteurs de 

l’insécurité ; 

  1. L’impunité et le trafic d’influence au sein du secteur de la sécurité : Il s’observe des cas 

fréquents des bandits et voleurs à mains armées arrêtés avec des preuves irréfutables, puis libérer 

sans aucune forme de procès ; 

  1. RECOMMANDATIONS 

Au vu de ce qui précède, la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création recommande à l’Autorité 

Provinciale de : 

  1. Doter aux forces étatiques chargées d’assurer la sécurité des moyens conséquents permettant leur 

mobilité rapide et veiller sur la gestion efficiente du charroi automobile et autres intrants utilisés 

dans le domaine sécuritaire ; 

  1. Réorganiser les forces de sécurité en affectant un effectif suffisant des éléments de la police et de 

la police militaire à la protection de la population au lieu de les concentrer à la protection de 

quelques personnalités (majors, colonels, généraux,…). Les postes de la PNC et des FARDC 

situés dans les quartiers de Goma devraient être renforcés ; 

  1. Revoir à la hausse la solde payée aux policiers, aux militaires et aux agents de renseignement pour 

qu’ils ne se rabattent pas sur la paisible population. Aussi, procéder à un sérieux contrôle physique 

au sein de la PNC et FARDC pour dénicher les éléments fictifs qui gaspillent gratuitement l’argent 

du contribuable congolais ; 

  1. Mettre en place un plan d’action stratégique urbain de contrôle et de gestion des armes légères et 

petit calibre (ALPC) en circulation incontrôlée entre les mains des civiles (organisation des couvre- 

feux, contrôle sérieux des trafics des marchandises aux postes transfrontaliers et des mouvements 

des populations,…). 

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  1. Déplacer les camps militaires construits au milieu de la ville en dehors de celle-ci et évacuer tous les 

policiers et militaires vivant parmi la population et les mettre sous campement. 

  1. Former adéquatement les agents de la PNC et des FARDC et les soumettre au strict respect de la discipline 

pour pouvoir faire son travail efficacement ; 

  1. Procéder à la suppression des marchés dénommés « Bwaka » pour décourager les bandits et voleurs en 

mains armés vivant de la commercialisation des biens volés ; 

  1. Mettre en place un programme de réinsertion familiale des Maibobo (enfants en rupture familiale) et 

procéder par traquer les récalcitrants ; 

  1. Lutter contre l’insécurité par un investissement important dans les infrastructures urbaines dont l’éclairage 

public ; 

  1. Démanteler toutes les maisons de tolérance existantes et décourager par une mesure légale ou 

réglementaire leur exploitation ; 

  1. Intéresser les groupes armés opérant autour de la ville à s’intégrer dans le processus de démobilisation, 

désarmement et de réinsertion communautaire pour les nationaux et de rapatriement pour les étrangers. 

Traquer ensuite par la force les récalcitrants ; 

  1. Elaborer une Loi ou un Edit dans lequel seront engagées les responsabilités des sociétés de 

télécommunication en cas de criminalité (enlèvements, escroquerie par réseaux téléphoniques,…) 

orchestrée à travers elles ; 

  1. Mettre fin à l’impunité au trafic d’influence sein du secteur de la sécurité ; 
  2. Expérimenter l’intégration de la dimension participative des jeunes civils dans la stratégie de lutte contre 

l’insécurité, par exemple former les jeunes et leur permettre d’accompagner les éléments de la PNC et de la 

PM dans les patrouilles nocturnes peut davantage rassurer la population ; 

  1. Doter aux cadres de base (chefs de quartiers, chefs de cellule, ….) des outils de communication tels que les 

radios motorola,… et les former sur leur utilisation afin qu’ils soient en étroite collaboration avec les forces 

de sécurité. 

Fait à Goma, le 06 mai 2020 

Pour la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création 

Me KAMBALE SONDIRYA Christian 

Coordonnateur