Evangélisation à travers la culture populaire

Par Kambale Kazi

REV.KATEGHESois libéré et partons : Tel est le titre du livre expliqué par le Rév. KISUBA  NDUNGO KATEGHE co-auteur. C’était lors d’un atelier à l’intention des pasteurs et aumôniers de la CBCA Ville de Goma. Cet atelier de réflexion  axé autour du thème ‘’Comment devenir l’église de demain aujourd’hui’’ a eu pour cadre le Centre Pédagogique Rudolf, du 26 au 27 mai 2015.

Financé par la Mission Evangélique Unie (MEU), ce livre contient 144 pages, avec photos et images illustrant les chapitres qui sont développés. Il a été écrit par un groupe d’auteurs à savoir Rév. KATEGHE de la CBCA, ENDRI SULAKSONO de Java en Indonésie enfin CHRISTINA BRUDERECK et CLAUDIA de l’Allemagne.

Ce livre décrit la diversité des cultures mais dans l’unité. Les auteurs de ce livre militent pour la culture populaire comme de propagation de l’Evangile. Mais certains  pasteurs et certaines églises, considèrent cela comme un pêché. Alors que les méthodes d’Evangélisation, d’Enseignements Théologiques et Liturgiques, devraient   rencontrer les aspirations de la nouvelle génération qui constitue l’église d’aujourd’hui et celle de demain.

Cette façon de penser, relèvent les auteurs du livre, est une manière de se  cacher dans la sainteté, et ipso facto s’écarter du monde corrompu. Alors que les jeunes préfèrent les loisirs, la musique, l’Internet, la louange et l’adoration, etc.

Les adultes, selon les auteurs, sont des conservateurs et par conséquent ne prêtent pas oreille attentive au changement. N’émettant pas sur une même longueur d’ondes, les adultes sollicitent les jeunes pour la repentance, mais ces derniers rebiffent. D’où deux tendances au sein d’une même église. Comment alors concilier les deux tendances? S’interrogent les auteurs.

Le conservatisme serait à l’origine de sortie massive des jeunes des églises traditionnelles pour affluer vers les églises de réveil où leurs aspirations sont prises en considération. Notamment une forte louange et adoration, appuis et encadrement de la jeunesse, etc.

Cette œuvre est le fruit de recherches de trois ans sous la conduite de Mme  CLAUDIA WAHRISCH-OBLAU, chargée de l’Evangélisation à la MEU. Vous pouvez lire ce livre au format digital sur le site web : wwww.open-to-go.org

Signalons en passant que cet atelier de deux jours a été ouvert par le Rév. Ndemesi Musekwa, Secrétaire Communautaire de la CBCA. Dans son mot de circonstance, le Rév. Musekwa a souligné l’importance de l’unité dans la diversité’’, propos qu’il a illustré par l’exemple de la sainte scène où nous trouvons le vin avec alcool, le thé, le vitalo, symbolisant le sang etc… et le pain, la pâte de farine, le chikwange, le biscuit, selon les cultures, symbolisant le corps du Christ. Il a poursuivi en montrant comment certaines églises ordonnent la femme en qualité de pasteur et d’autres n’acceptent pas. Il a ensuite montré le besoin de prêcher dans des différents cadres tels que les bateaux, les marchés, bars, stades de football,  à bord des avions. Il a conclu par la question de savoir ce que les autres diraient de notre culture.

Terminons en disant que le Rév. KATEGHE venait d’animer le même atelier pendant deux semaines en Tanzanie dans les Eglises membres de la Mission Evangélique Unie (MEU). Rév. Kateghe est actuellement missionnaire de la CBCA à Kindu, dans la Province de Maniema. Avant la prière de clôture, il a annoncé sa candidature à la députation Provinciale dans la ville de Goma.

Assemblée du Poste Ecclésiastique de Goma

Par Kambale Kazi

Participant à l Assemblee Poste Goma

Le Poste ecclésiastique de Goma a tenu son assemblée ordinaire du 05 au 06 Mai 2015 au sein du temple CBCA Himbi I. Le mot d’ouverture a été prononcé par le Rév. Pasteur Surveillant, Muhasa Balerwa. Au cours de cette assemblée, les participants ont décidé d’un commun accord de l’affiliation du Poste à la mutuelle de santé, l’achat d’une concession qui servirait de cimetière pour les pasteurs, etc. Et en fin de compte, les participants ont élu les membres effectifs.

 C’était sous le thème ‘’guérison des traumatismes’’, consigné dans Esaï 61 :1-4 et Matthieu 9 :35-38 que l’aumônier de l’Assemblée, Rév. Kambale Fataki, secrétaire du Département de l’Evangélisation et Vie de l’Eglise, a demandé aux pasteurs d’avoir le temps d’échanger avec les fidèles car ces derniers ont assez de problèmes. Il a ensuite encouragé les pasteurs de créer au sein de leurs paroisses respectives des maisons d’écoutes constituant un meilleur cadre pour la guérison des plaies intérieures.

Les travaux de cette assemblée ont été dirigés par le Rév. Paluku Wavomundu, secondé par le Rév. Karekezi Mutabazi ainsi que deux rapporteurs : Mme Denise Matsoro et Mr Kambale Vyogho.

Les participants sont des délégués venus de sections Kitshanga, Idjwi, Himbi et Virunga pour réfléchir sur l’orientation générale du Poste. Les discussions ont gravité autour de plus d’un point, mais ceux qui ont retenu notre attention sont les suivants :

Mutuelle de Santé

Séance tenante, Dr Kakule Muyonga, Directeur du Département de la Santé, a sensibilisé les pasteurs à adhérer à la mutuelle de santé. Il a illustré son propos par le passade de  Ephésiens 2:8-9 qui dit : ‘’Nous sommes sauvés par grâce, le salut est gratuit ; mais il y a quelqu’un qui a payé très cher’’. Dr Kakule Muyonga a poursuivi en démontrant comment les familles des pasteurs et des agents sous contrat sont soignées gratuitement dans nos structures sanitaires de la CBCA, mais il y a quelqu’un qui paie pour eux leurs factures. En 2014 par exemple, la facture de soins pour les familles des agents du secrétariat général s’est élevée à 24.000$, l’année. Le Dr Kakule a montré l’importance de la mutuelle de santé que le cout de la facture peut baisser de 60%.

 Enterrement des Pasteurs.

De coutume, la CBCA enterre ses pasteurs  dans la  concession de la paroisse où ils servent Dieu. Ce qui n’est pas le cas à Goma où les pasteurs ne sont enterrés ni au cimetière public ni dans les concessions de l’église mais leurs corps sont acheminés dans leurs milieux d’origine ou ils sont bien entendu enterrés dans des concessions de l’église. Pour révéler ce défi,  l’assemblée a décidé qu’on achète une concession à Mudja.

 

 

Les sanctions des Pasteurs

Les certificats de mérite ont été décernés seulement aux paroisses et unités de production qui ont réalisé leur budget de 100% comme souhaité. Une décision a été  prise pour que le Pasteur Surveillant sanctionne les responsables qui n’ont pas su mobiliser les fonds relatifs au budget.

Une femme parmi les Membres Effectifs

A l’issue des élections libres et transparentes, les personnes ci-après ont été retenues comme Membres Effectifs pour unTemble Himbi I mandat de cinq ans (2015-2020). Il s’agit de : Katembo Malunga Abel, Kavira Muhindo Jodesie, Kasereka, Kabuyaya Itehero, Ephraim Kivayaga et le Pasteur Surveillant. Un ancien membre effectif, Mr Paluku Sivaseya, a désisté avec honneur. L’élection de la femme parmi les membres effectifs, relève de la 35ème Assemblée Générale qui stipule que deux femmes doivent faire partie de l’équipe dans chaque Poste Ecclésiastique. Mais cette décision rencontre encore une résistance farouche au niveau de la base, d’où la seule femme. Même parmi les 28 conseillers de Poste, il n’y a que 2 femmes, ce qui prouve à suffisance le quasi rejet de la femme dans la prise de décision.

Dans son mot de clôture, le Pasteur Surveillant a remercié les participants pour leur assiduité au travail. Il a également présenté à l’auguste Assemblée, les candidats pasteurs à l’ordination notamment : Kasereka Katsongo,  Safari Bagabo et Balekaze Serereki. En plus de l’ordination des pasteurs, il y aura aussi la consécration des Evangélistes Responsables.

Le Pasteur Surveillant a en outre, sensibilisé les gens ayant des ambitions politiques de soumettre leurs candidatures en rapport avec les prochaines élections qui seront organisées aux niveaux provincial et national. Il a terminé son propos en annonçant les dates de diverses cérémonies concernant son remariage prévu en Juillet 2015.

Le Président et Représentant légal de la CBCA réconforte les chrétiens dans le Poste Beni

Visite BeniAprès une série des massacres perpétrés en ville et dans le territoire de Beni notamment à Ngadi, dans les périphéries de Beni, dans la cité d’Oïcha et ses environs, à Eringeti…. Le Président et Représentant Légal de la CBCA a vu la nécessité de se rendre lui-même sur le lieu pour manifester sa solidarité et compatir avec les habitants et les chrétiens du Poste CBCA Beni.
Dans son message, il a souligné que, bien que la présence physique ne vaut pas la profondeur de la douleur que ressentent les survivants qui ont perdu plusieurs de leurs dans ces événements macabres et qui n’ont plus à manger…, le Saint Esprit dans son action a la possibilité de rendre cette visite significative et il a souhaité que celle-ci parvienne aux concernés comme un signe de consolation par le fait de comprendre que malgré tout ce qui est arrivé, Dieu reste Dieu et qu’il ya une marmaille des personnes qui les portent en cœur.
C’est dans ce cadre que le 29 Décembre 2014 le Président communautaire, Rév.Dr Kakule MOLO s’est rendu sur Beni en se faisant accompagner des Rév. Pasteurs Surveillants du Poste Katwa et Maboya pour représenter toute la communauté de la CBCA, ses cadres et tous ses fidèles. Le 1er Janvier, le Président a célébré le culte de la Bonne année à la Paroisse CBCA Manzali/Oïcha où il a rencontré toute une marmaille des fidèles et d’autres survivants des massacres qui se sont refugiés dans la cité d’Oïcha. Pendant ce culte, il a donné son message de réconfort, tout en soulignant qu’il bénit Dieu de lui avoir accordé l’opportunité de voir par ses yeux les survivants, et que pour lui, c’est un jour très important de se trouver en famille après ces douloureux événements. Après le culte, la délégation s’est rendue à ERINGETI où elle a rencontré plusieurs personnes qui ont échappé à la mort.
Dans un cadre plus particulier, le président et sa délégation s’est entretenu avec deux survivants: le premier c’est un homme qui a été poignardé après avoir  été emporté dans la brousse par les rebelles. Dans ses propos, il a raconté qu’ils étaient au nombre de 10 civiles qui avaient été capturés et obligés de transporter les biens pillés à Eringeti par ces rebelles. Arrivés loin dans la brousse, ces assaillants ont décidé de les tuer tous afin de continuer la route seuls pour que leur cachette ne soit dévoilée. C’est alors qu’ils ont commencé à tuer l’un après l’autre par des armes blanches et à son tour, il a été poignardé, il était tombé par terre et avait perdu la connaissance. Pensant qu’il était mort, ils ont continué la route. C’est après qu’il sera ramassé par les militaires de l’armée congolaise FADRC pour se réveiller plus tard entre les mains de ces derniers qui lui ont raconté qu’il était le seul trouvé encore vivant parmi les 10 kidnappés.
La deuxième personne qui a partagé son témoignage au Président est une femme épouse de l’un des évangélistes de l’une des Paroisses de la CBCA basée à Eringeti. Pour son cas, les rebelles sont arrivés et ont commencé à tirer à l’air. Du coup, l’évangéliste s’est évadé de la maison et quelques minutes après, les rebelles sont entrés dans la maison menaçant la femme en lui demandant de leur montrer où se trouvait son époux qu’ils citaient même par son nom, preuve qui montre qu’il était ciblé. C’est alors qu’elle sera frappée sans contrôle à la machette, blessée aux pieds et à la jambe lorsqu’elle essayait de s’expliquer. Heureusement pour elle, ils sont partis sans l’éliminer bien que grièvement blessée.
C’est avec un sentiment plein de chagrin et de tristesse qu’on écoute les survivants, chacun ayant une douloureuse histoire plus particulière qui décrit comment ils ont échappé, perdu plusieurs familiers et amis…  a renchéri le Président, dans une interview qu’il accordé à la presse de la CBCA. Il a montré dans son observation que, lorsque on est à Oïcha on peut ne pas bien comprendre l’impact de ces faits, mais  quand on continue vers KOKOLA, MAIMOYA, Eringeti, les villages sont devenus déserts et ne sont plus comme au moment où les routes étaient tellement fréquentées par la population dans leurs activités régulières des champs, marchés , camions transportant des vivres… Le petit nombre de ceux qui sont restés dans ces villages sont concentrés le long de la route et à moins d’un km, on ne peut pas voir même une seule personne car la terreur s’est étendue, et donc la population n’a plus accès aux champs par crainte d’être massacrée. Les maisons, les écoles, les églises sont abandonnées et d’autres commencent à se détériorer car inhabitées, les herbes poussent partout car personne n’y pense. Seuls les militaires de l’armée congolaise se trouvent le long de la route pour assurer la sécurité, mais on se rend compte que s’ils ne sont pas bien encadrés, et donc, ils risqueront de devenir un autre danger pour le peuple.
Par rapport à la question économique et sociale, il y a problème des soins médicaux et d’alimentation. A présent il s’observe que la nourriture qui est consommée dans ces endroits coûte très cher maintenant et qu’il s’agit ici de celle qui était gardée dans des dépôts avant les massacres. C.à.d., bientôt la famine risque de frapper le territoire surtout que la population n’a plus accès aux champs pour s’approvisionner en vivres. Que va faire la CBCA ?Comme église, la CBCA réfléchit déjà sur les mécanismes de voir comment elle pourra faire un geste dans ce sens. Jusque là, elle a pu aider quelques personnes en grandes difficultés lors de la visite du Président. Elle préconise faire quelque chose de plus pour les femmes veuves qui ont perdus leurs maris lors de ces massacres. Le président Dr. Kakule Molo a demandé qu’on puisse les recenser pour que l’église arrive à voir dans quelle mesure elle pourra les assister. « Nous continuerons à prier, à réfléchir et à poser des actes selon que Dieu nous bénira pour que nous arrivions à apporter notre assistance », a conclu le Président et représentant légal de la CBCA.Pleurez avec ceux qui pleurent nous dit la Bible